Jeudi 21 août 2008

 


















plus de photos en suivant ce lien: http://picasaweb.google.com/anneroy1/MizukakeNoMatsuri


Bon oui tu as raison rachel pourquoi je n'écris plus sur mon blog moi aussi? bon je vais faire un petit effort parce qu'il faut bien continuer ce qu'on a commencé. mais c'est vrai que ce n'est pas si facile parce que que voulez vous, à un moment, c'est fatal, le quotidien commence à s'installer, les différences culturelles on en a marre de passer son temps à les ausculter à la loupe alors qu'on est tous faits du même bois et que c'est justement quand on les oublie que ça devient sympa la vie. et surtout que je suis un peu moins comme une lucky luke observatrice solitaire, mais je commence à avoir des potes, plus proches, et que du coup ça engage plus de décrire ce qu'on voit, ce qu'on vit ce qu'on ressent au quotidien, donc c'est moins facile. et comme le boulot je veux pas en parler ici... d'ailleurs j'ai un site pour ça, même si j'y mets que des extraits (www.anneroy.fr pour ceux que ça intéresse).
mais.
mais je vais faire un effort parce que quand même.
et par exemple, je peux bien vous parler de la mizukake no matsuri à laquelle je suis allée dimanche. encore une fois c'est mayumi (ah mayumi, la classe!) qui m'a invitée à cette fête dans son quartier d'enfance, dans les quartiers populaires à l'est de Tokyo. des matsuri, c'est-à-dire des petits festivals, y en a partout, tous les temps de tous les genres, mais encore plus en été. et ça tombe bien, parce que le principe de celle-là, c'est que pendant le défilé où chaque pâté de maisons défile au son de washoi, washoi (une sorte de "tous ensemble, tous ensemble") en exhibant son petit temple en bois bien lourd comme il faut, les voisins leur jettent de l'eau. et c'est plutôt bonne ambiance.
mais surtout c'est ce quartier qui est "bonne ambiance". un petit quartier comme on n'en fait plus beaucoup dans les zones ultra bondées de tokyo, un quartier un peu familial. j'ai adoré. donc après avoir observé les défilés en évitant l'arrosage (comme par hasard, justement depuis ce wek-end il fait moins chaud à tokyo, d'ailleurs quelques feuilles commencent à jaunir sur les arbres en face de chez moi laissant présager quelque chose comme l'automne qui approche) après avoir bu une coupe de champagne en mangeant du riz, un oeil sur les JO chez une amie de Mayumi, après un petit tour sous la pluie parmi les stands qui vendent des victuailles à pas cher et à profusion, la journée qui avait commencé assez tôt s'est achevé dans un petit restaurant italien, à parler de tout et de tout pendant des heures autour d'une table en formica. et ça, c'était encore un grand moment de la journée. s'oublier autour d'une table dans un restaurant familial et bruyant, c'est trop bon. pendant un temps, j'ai oublié que depuis mon arrivée ici, je suis toujours un peu sur mes gardes, est-ce que je dis pas quelque chose de travers, est-ce que je parle pas trop fort, est-ce que je suis au bon endroit etc. l'inconvénient, pour moi, d'une ville et d'une vie aussi structurée, cadrée, et j'irais jusqu'à dire polissée que tokyo, c'est que c'est assez contraignant, surtout pour quelqu'un comme moi qui aime plutôt les chemins de traverse et osons le mot: le bordel. ce qui donne d'ailleurs de grandes conversations avec martichou à bucarest qui elle se plaint de l'inverse. il faudrait un milieu sans doute.
je pourrais m'en fouttre et transgresser, d'ailleurs j'aime plutôt transgresser en général, aller chatouiller les limites, les codes et les principes. mais encore faut-il pour cela les comprendre et les digérer ces limites - sinon où est l'intérêt? alors en attendant de les avoir intégrées, j'observe, je marche dans les clous et je traverse au feu vert. et je m'habitue à ça aussi, et c'est aussi un mini défi.
donc bref, ce dimanche là, c'était un dimanche sans questions (même si je n'en ai pus conscience vraiment de ces questions au quotidien, faut pas non plus exagérer), dans un quartier sympa.
et puisqu'on parle de quartier. je suis tombée, pas tout à fait par hasard puisque je travaille sur l'immigration en ce moment, je suis tombée sur le quartier, résumons par quartier coréen, de tokyo. en y arrivant (pour une interview) je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait comme quartier. mais tout de suite en sortant du métro, j'ai eu une impression très agréable d'être à l'aise. je n'ai pas compris tout de suite parce que ce n'est pas non plus barbès, faut rien exagérer. mais quand même, il y a un petit côté décalé qui fait que pour une étrangère comme moi on se sent immédiatement à l'aise. et je me suis laissé dire pour l'occasion que c'est quand même plus facile pour un étranger, de vivre dans un pays où d'autres ont déjà ouvert la voie, et se chargent de faire le lien. L'homogénéïté revendiquée du japon, j'y crois pas une seconde. mais, il faut bien avouer qu'il n'y a pas beaucoup d'étrangers. et que du coup s'immiscer dans cet espace où les règles sont inscrites et intégrées depuis des lustres, c'est sans doute moins facile qu'ailleurs.
mais je vous rassure, en attendant 2050 et les dix millions d'étrangers souhaités comme "main d'oeuvre" par une frange du PLD pour combler le déficit démographique, j'ai quand même petit à petit constitué mon réseau d'amis et de gens pour la faire cette passerelle vers le japon. ouf!

 

Par Anne
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Commentaire n°1 posté par Marie le 29/08/2008 à 17h26

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