Dimanche 14 décembre 2008



C'est à Takao san que nous avons rencontré le dieu des kakis entre autres génies des pentes froides et embrumées. Et pour plus de détails sur cette excursion inoubliable, suivez le lien link.


Trève de prosaïsme triste et étroit, une histoire, mais une légende cette fois:

Ca se passe au dernier étage d'un immeuble du genre qui gratte le ciel, avec une vue plongeante sur les voitures en contrebas, comme des petits jouets. Ca se passe dans les quartiers chics avec de la moquette au sol, le Tokyo des films que tout le monde a vus. Un gars très sympa, simple, d'abord facile. Petite discussion de comptoir sans comptoir, comme ça sur le pouce. Où il commence à nous apprendre que la vie est facile au Japon, bon, peut-être pas pour les vieux. D'ailleurs sa mère, elle a 70 ans et vit seule avec 60 000 yens de retraite (pas assez pour payer rien que mon loyer par exemple), alors bon ben oui forcément, elle est obligée de travailler, elle fait des ménages, comme ça. Mais l'essentiel: elle aime ça. Enfin elle a l'air. Et de toute façon, avec une population qui vieillit, c'est bien connu, il n'y a plus assez de jeunesse pour payer les retraites des vieux.
Et puis tiens et lui alors au fait, la jeunesse, la descendance, les petits bras qui lui payeront sa retraite lui, il en fait quoi? Ben voilà il vit avec sa copine, mais elle a un bon job, qui lui plaît, alors elle veut pas se marier. Lui il aimerait bien, avant il lui en parlait souvent, mais il va pas la forcer. Des enfants? Oui aussi, il aimerait bien, mais elle veut pas non plus, il faut comprendre, elle a trente-cinq ans, un boulot qui lui plaît tout ça, elle voudrait pas devoir y renoncer...
A ce moment-là j'ai admiré la répartie de la personne qui était avec moi, de lui expliquer qu'il faut pas laisser filer sa vie comme ça, que des femmes il y en a plein qui a 40 ans se réveillent sans enfants, regrettent, trop tard, et en plus découvrent que finalement la carrière pour laquelle elle ont sacrifié leur vie de famille n'est pas à la hauteur des promesses. Je manifeste mon accord entier avec cette intervention.
Notre homme nous dit, d'un ton qui se veut rassurant: "mais on a trouvé la solution". Dans ma tête se profile l'image d'un enfant adopté. Aussitôt surgit un gros point d'interrogation, euh non l'adoption ça ne change rien au problème, la carrière tout ça... alors?

"On va prendre un chien".

Oui je l'ai dit c'est une légende, parce que je ne voudrais pas avoir l'air de ne raconter que des trucs terrifiants dans mon blog. Et là j'ai déjà bien commencé par les génies malins du mont Takao, donc ça suffit.

Mais quand même, un jour il faudra que j'aille les photographier les petits chiens du Komazawa koen où je vais courir. Des petits chiens habillés de la tête aux pieds, avec des petits chaussons parfois, des bonnets parfois aussi. Mais au minimum une petite veste, un petit lainage. Et c'est vrai qu'ils ont l'air si petits et si fragiles ces petits chiens, ils ont bien raison d'en prendre grand soin leurs maîtres. On sait jamais. Des fois que les lutins descendent de la montagne, il paraît qu'ils enlèvent les enfants qui finissent pas leurs yaourts. Peut-être qu'ils s'en prendraient aussi à ces pauvres petites bêtes.



 

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